Comment je survis sans porter de soutien gorge en France, en 2016 ?

Cet article peut paraître bien trop intime pour certain/es, et si cela vous met vraiment dans des états pas possibles à l’idée de me lire au sujet de mon rapport avec le soutien gorge, je vous en prie, ne vous infligez pas cela !

Cependant, je suis convaincue qu’il n’est là aucunement question de tabou ou d’article déplacé. C’est une conversation que j’ai très souvent « in real life » et que j’avais envie d’aborder ici. Comme toujours, il me semble qu’il n’y a pas de façon absolue de bien faire ou de bien vivre, particulièrement lorsque l’on s’attaque au rapport au corps. Epilation, soutien gorge, maquillage, chacun semble avoir des avis bien tranchés sur comment bien mettre les gens dans des cases selon leur choix. Un peu comme lorsque j’avais parlé de la coupe menstruelle, ce dont j’ai envie c’est d’ouvrir la discussion, de mettre en lumière d’autres façons de faire que celles avec lesquelles on nous rabat les oreilles à longueur de journée.

Pour moi, l’important c’est que chacun/chacune en l’occurrence, soit libre de faire comme il veut. Ca peut sonner hyper bateau et pourtant… J’ai personnellement fait le choix de ne pas porter de soutien gorge ou très rarement. Pourquoi ? Pour deux raisons.

  1. Parce que j’ai une petite poitrine et que mise à part les sensations désagréables (être serrée sous la poitrine, les bretelles qui te défoncent l’épaule quand tu as un sac à main), le soutien gorge ne m’apportait rien de particulier.
  2. Parce que j’avais tendance à me tourner vers des modèles « coques » ou rembourrés et que je me suis rendue compte que plus je portais ce type de sous-vêtements, plus je m’éloignais de la forme et taille réelle de ma poitrine. Si tu ne portes que des push-ups, tu as pas mal de chance d’être déçue quand tu l’enlèves. C’était un peu mon cas, ça me foutait plus de complexes qu’autre chose.

soutien gorge douleur

Je me suis donc demandé pourquoi je continuais à porter des soutifs ? Clairement, ça me faisait plus de « mal » qu’autre chose et je ne voyais pas l’intérêt de m’infliger cela. Depuis ma plus tendre enfance, porter un soutien gorge avait toujours été symbole suprême de féminité. A peine mes seins ont-ils commencés à poindre que je me retrouvais à supplier ma mère pendant mille ans pour avoir mon premier soutien gorge. Pour soutenir quoi ? Et puis depuis quelques années, et plus particulièrement quelques mois, je me suis beaucoup questionné sur mon rapport avec mon corps et l’idée que j’avais de ma féminité. J’ai aujourd’hui beaucoup plus confiance en moi, j’ai une petite poitrine et … Je crois que ça m’est égal. Si aux yeux de la société ce trait physique caractéristique se doit d’être pulpeux et fortement développé pour que l’on accorde aux femmes un statut sexy et séduisant, objet de désir … Pour moi il n’en est rien. Je suis tout simplement qui je suis, autant mon bourrelet ou ma sous fesse je peux agir dessus, autant ma poitrine … Elle est comme elle est.  Je vis bien avec et en plus, j’ai pas trop envie de l’engoncer dans un truc qui m’est inutile.

Ce qui m’embête un peu dans cette histoire c’est le sentiment que cette décision est parfois considérée comme « socialement non acceptable ». Je m’explique, parfois je suis gênée à l’idée de sortir et que mes tétons soient devinables sous mon tee-shirt. Normal me répondriez-vous, c’est un peu tendancieux. Sauf qu’un mec qui pointe sous son tee-shirt, j’ai plutôt l’impression que tout le monde s’en fout. En tous cas, je n’ai jamais vu de personne outrée devant un mec en tee-shirt et tétons devinables ou deux nanas se mettre à accoster un mec ou à l’agresser verbalement parce que son téton pointe. C’est cette représentation qui me gêne particulièrement. Par contre, si le sein est ultra moulé dans un petit top, que l’on devine le soutif  mais que l’on ne voit pas le téton ouf ça va, la naissance des seins, un décolleté prononcé, pas de souc’... Un téton qui transparaît… »Cachez moi ce sein que je ne saurais voir » qu’il disait !

Seinsalair

Je suis donc à la merci du regard des autres sur mon corps. Alors en général, lorsque je porte un top très fin, ou que je me rends à un entretien, afin d’éviter toute situation gênante, je portes une jolie brassière ou un soutien gorge très léger (100% tissu, 0 métal merciii). Mais ça, c’est hyper récent de pouvoir trouver de la lingerie féminine et sympa pour petits seins sans rembourrage et armature. Impossible il y a quelques temps de trouver un 85B sans baleines dans les magasins classiques. C’est encore un autre sujet mais pas vraiment éloigné. Son rapport à sa propre poitrine et le rapport de la société à NOTRE poitrine donne beaucoup de matière à penser et réfléchir. Je n’écris malheureusement pas de thèse à ce sujet mais je suis ouverte à toute discussion à ce propos !

Pour moi, me détacher du soutien gorge a été progressif, libérateur et aujourd’hui, après plusieurs mois complètement détachée de mon bon vieux soutien gorge a baleines et coqué, je ne peux même pas envisager de le reporter !

Encore une fois, si le sujet vous touche, vous interpelle, vous intéresse, je vous invite à partager cet article, à visionner ces vidéos que je trouve vraiment très sympa sur la question : La Carologie , Laeticia et qui donnent de très bonnes pistes de réflexion !

Et si vous en avez l’envie, à partager avec moi dans les commentaires votre opinion sur la question, pourquoi vous portez ou ne portez pas de soutien gorge.. Toussa toussa !

Encore merci de m’avoir lue et à très bientôt !